Calendrier Balinais et ses fêtes traditionnelles

Ne vous étonnez pas de croiser des personnes en tenues peu communes dans les rues, d’entendre des chants ou des musiques a longueur de journée, ou bien d’assister à des rituels : ici à Bali, les cérémonies sont du a leur fabuleuse et grande culture, et sont principalement religieuses. (Rappel : Environ 85% des balinais sont Hindouistes, mais ce chiffre est variable, selon la qualité du recensement). Il est très important de célébrer ces rites pour la population qui se rattache à leur culture, leur plus grande richesse.

Pour comprendre ces commémorations, il faut tout d’abord analyser le calendrier balinais.

I. Calendriers

Les balinais utilisent trois calendriers différents. Bien entendu, le premier est le calendrier grégorien, commun a tous les pays (ou presque !) et celui-ci leur permet de rester conscient de la position temporelle a l’échelle mondiale.    Afin d’assimiler le fonctionnement balinais, c’est sur les deux calendriers suivants qu’il faut se pencher.

Le calendrier Saka Un peu d’histoire… Le calendrier Saka est un calendrier hindou, invente vers 78 après Jésus-Christ dans le sud de l’Inde, par l’une des nombreuses tribus qui conquièrent le pays à l’époque, les « Sakas » (peuple indo-européen qui vivait principalement au Proche-Orient).  Il deviendra alors officiellement le calendrier national indien et l’un des calendriers adoptes par les balinais.

Le fonctionnement… Ce calendrier se base sur le cycle lunaire. Il y a 12 mois de 30 jours lunaires chacun et chaque mois se termine le jour de la nouvelle lune. En réalité, un mois lunaire = 29 jours solaires.

(Pour info : la pleine lune est au milieu du mois et s’appelle « Purnama »).

Voici le raisonnement des balinais : chaque mois débute après la nouvelle lune arrivée, et pour chaque nouvelle lune, de grandes cérémonies sont organisées.

Le calendrier Pawukon

Les balinais y sont énormément attaches. C’est un calendrier très original et complexe.

Le pawukon est base sur le wuku, un mot qui désigne un cycle de 35 jours par mois et de 6 mois formant une année, soit 210 jours par an. Qui plus est, chaque wuku possède le nom d’une divinité. En plus du pawukon, les balinais utilisent le pancawaran qui se compose de semaines de 5 jours. Pour se repérer, la population balinaise se sert des deux systèmes en même temps…

En résume, dans le calendrier pawukon, il y a le système pawukon et le système pancawaran.

Plus en profondeur…

Le calendrier Pawukon ne représente pas un cycle lunaire, néanmoins une année de nature arithmétique. Cependant, il est en réalité infini : on ne connait ni le commencement du calendrier, ni même le jour de l’an.

Les jours sont numérotés, ainsi que les mois. Voici la numérotation des jours du pawunkon et du pancawaron :

Pawunkon
Radite/Dimanche = 5 

Soma/Lundi = 4          
Anggara/Mardi = 3    
Budha/Mercredi = 7  
Wraspati/Jeudi = 8     
Sukram/Vendredi = 6
Saniscara/Samedi = 9

Pancawaron
Paing = 9        
Pon = 7           
Wage = 4        
Kliwon = 8      
Legi = 5

Il y a tout un systeme qui reste encore flou, même aux yeux des balinais. Certains chercheures sont penches sur la question et analysent encore le fonctionnement du calendrier. Seul les balinais ont le secret de ces systèmes.

II. Fêtes traditionnelles

Les principales cérémonies…

Premièrement, le nouvel an balinais appelé Nyepi (ce qui signifie « silence » en français) qui se déroule tout les 210 jours, au mois de Mars. Cet événement est propre à Bali et perdure dans le temps en restant inchangé.

Un mois avant, l’ile tourne petit a petit au ralenti et les rues commencent a se remplir de « Ogoh ogoh » : des montres fabriques en papiers mâchés, servant a effrayer les mauvais esprits et les démons qui essayent d’envahir le monde. Ils seront brules juste après Nyepi.               Quelques jours avant la nouvelle année, les balinais font une grande purification appelé Melasti et la veille de Nyepi, la population dépose un nombre important d’offrandes aux principaux carrefours. Vers la fin de journée puis durant la soirée, les Ogoh ogoh défilent dans des rues, accompagnes d’instruments de musiques et de pétards pour combattre les démons.

Enfin, le jour de Nyepi est anime par… le silence. Des 00h00, l’ile des Dieux doit apparaitre comme morte. Toute la population de Bali est enfermée chez soi et il est interdit d’y sortir. De plus, il est interdit d’allumer la lumière, ni même de regarder la télévision. Les magasins affichent leur pancarte « closed » et les hôtels interdisent toutes sorties : le tourisme n’existe plus sur l’ile pendant 24 heures. Et pour ce fait, même l’aéroport est ferme. Nyepi aura lieu cette année le 31 mars ! Les balinais fêteront l’année 1936 de leur calendrier Saka.

Deuxièmement, le « Galungan » qui se déroule dans les temples familiaux. Les ancêtres rendent visitent a leur famille et y restent pendant 10 jours. Beaucoup de boutiques sont fermées pour l’occasion. Cette fête célèbre la naissance de l’univers et la victoire du bien contre le mal. A la fin des 10 jours de Galungan, les esprits des ancêtres quittent le temple et c’est alors que les balinais purifient leurs objets de culte. Ce jour la s’appelle le « Kuningan »

Et troisièmement, considérée aussi comme l’une des plus importantes fêtes a Bali : Pagerwesi. Ce mot a pour origine « pager » et « wesi » qui veulent dire « barrière » et « fer ». Fêté aussi tous les 210 jours, l’événement a pour but de renforcer sa spiritualité afin de sauver l’humanité. Pour cela, la population se rend dans de grands temples, comme le Pura Jagatnata, pour prier.
De plus, les balinais en profitent pour rendre hommage a Saraswati, la déesse du savoir, de la connaissance et des arts ; a qui les enfants feront une célébration unique quelque jours plus tard.

Sachez qu’il existe encore d’autres célébrations qui rythme le calendrier des balinais, mais il y aussi des rites de passage qui sont indépendants des calendriers. De la naissance a la mort, en passant par l’entrée dans la vie adulte et le mariage, ces rites sont des traditions bien ancrées obligatoire pour tous, qui permettent aux balinais de conserver leur identité, si extraordinaire et uniques soit elle.